Avantages fiscaux de l'olé hadash en 2026 : dix ans d'exonération, points de crédit, retraite, taxe d'achat

L'alya donne dix ans de tranquillité fiscale sur tout ce que vous gagnez hors d'Israël. Encore faut-il savoir ce que « hors d'Israël » veut dire, ce qui a changé pour ceux arrivés depuis 2026, et ce qui vous attend la onzième année.

L'essentiel en 40 secondes

Un nouvel immigrant (olé hadash) et un résident de retour parti au moins dix ans bénéficient, pendant dix ans à compter de leur installation, d'une exonération totale d'impôt israélien sur les revenus et plus-values de source étrangère : salaires gagnés à l'étranger, loyers, dividendes, intérêts, pensions, ventes d'actions ou de biens hors d'Israël. Les revenus de source israélienne, dont un salaire pour un travail exercé en Israël, sont imposés dès le premier jour. S'ajoutent des points de crédit supplémentaires pendant 54 mois, un plafonnement de l'impôt sur les pensions étrangères, une taxe d'achat réduite sur un premier logement, et douze mois sans cotisations Bituach Leumi en l'absence de revenu. Depuis le 1er janvier 2026, les nouveaux arrivants doivent déclarer ces revenus étrangers chaque année, même exonérés.

Les chiffres clés 2026

Exonération revenus étrangers
10 ans
Points de crédit olim
1 → 3 → 2 → 1
Valeur du point
242 ₪ / mois
Année d'adaptation
à demander sous 90 jours
Bituach Leumi sans revenu
0 ₪ pendant 12 mois
Déclaration des revenus étrangers
obligatoire dès l'alya 2026

Dix ans d'exonération : la règle

L'article 14 de l'ordonnance de l'impôt sur le revenu, dans sa version issue de la réforme de 2008 (amendement 168), exonère pendant dix ans les revenus « produits ou accumulés hors d'Israël » d'un nouvel immigrant ou d'un résident de retour de longue durée. L'article 97 fait de même pour les plus-values sur des actifs situés hors d'Israël, qu'ils aient été acquis avant ou après l'alya. Le compteur part de la date à laquelle vous devenez résident fiscal israélien, en général la date d'alya, et court dix années civiles complètes à partir de là.

Concrètement, pendant cette période, Israël n'impose pas :

  • les loyers d'un appartement à Paris, Londres ou New York ;
  • les dividendes, intérêts et plus-values d'un portefeuille étranger, d'une assurance-vie, d'un PEA, d'un compte-titres, d'un 401(k) ou d'un IRA ;
  • les pensions de retraite versées par un régime étranger ;
  • les salaires et honoraires pour un travail physiquement exercé hors d'Israël (missions, jours travaillés à l'étranger) ;
  • les bénéfices d'une société étrangère que vous contrôlez, sous réserve des règles sur les sociétés étrangères contrôlées qui ne s'appliquent pas pendant l'exonération, et de la question du lieu de gestion effective ;
  • la vente d'un bien immobilier à l'étranger, y compris acquis avant l'alya.

Le pays d'origine, lui, continue d'appliquer ses propres règles : la France impose les loyers et plus-values immobilières situés sur son sol, les États-Unis imposent leurs citoyens sur tout. L'exonération israélienne supprime l'impôt israélien, pas l'impôt étranger. Les deux guides sur la convention France-Israël et le régime américain détaillent ce qui reste dû de l'autre côté.

Ce qui est couvert, ce qui ne l'est pas

Périmètre de l'exonération olé pendant dix ans
RevenuExonéré en Israël ?Pourquoi
Salaire d'un employeur israélienNonSource israélienne : lieu d'exercice du travail.
Télétravail depuis Israël pour une société étrangèreNonLe travail est exercé en Israël ; seule la part des jours travaillés à l'étranger est exonérée.
Mission de dix jours à Paris pour cette même sociétéOui, au prorataJours physiquement travaillés hors d'Israël.
Loyers d'un bien en FranceOuiRevenu produit à l'étranger. Imposé en France.
Loyers d'un bien en IsraëlNonSource israélienne (exonération partielle de droit commun jusqu'à un plafond mensuel).
Dividendes d'une société françaiseOuiRetenue française éventuelle, rien en Israël.
Dividendes d'une société israélienneNonRetenue de 25 ou 30 %.
Plus-value sur actions étrangères achetées avant l'alyaOuiArticle 97, quelle que soit la date d'acquisition.
Plus-value sur actions israéliennesNonActif situé en Israël.
Pension française, américaine, britanniqueOuiPuis plafonnement après dix ans.
Intérêts d'un compte Wise ou RevolutOuiCompte à l'étranger ; à déclarer dans le pays d'origine le cas échéant.

Le piège le plus coûteux : le travail à distance. Beaucoup d'olim continuent de travailler pour leur ancien employeur ou leurs clients européens depuis leur salon à Netanya en pensant être exonérés. Ce revenu est israélien, imposable au barème et soumis au Bituach Leumi. L'administration le vérifie en croisant les jours de présence (entrées et sorties du territoire). La solution n'est pas de se taire mais de structurer : statut d'indépendant, ou salarié d'un employeur de portage israélien, avec les points de crédit olim qui réduisent fortement l'impôt des premières années.

Déclarer depuis 2026 : l'amendement 272

Jusqu'en 2025, l'olé bénéficiait d'une double dispense : pas d'impôt, et pas d'obligation de déclarer ses revenus et avoirs étrangers. Sous la pression des standards internationaux de transparence, l'amendement 272 à l'ordonnance a supprimé la seconde pour les personnes devenues résidentes à partir du 1er janvier 2026. Elles doivent désormais déposer chaque année une déclaration mentionnant leurs revenus de source étrangère et leurs actifs à l'étranger (comptes, titres, biens, sociétés), tout en restant exonérées d'impôt sur ces revenus pendant les dix ans.

En pratique : un olé arrivé en mars 2026 déposera sa première déclaration en 2027, pour l'année 2026, avec ses relevés étrangers. L'omission est une infraction déclarative, pas un redressement d'impôt, mais elle se paie en pénalités et en difficultés ultérieures (sortie du régime, vente d'actifs, succession). Les olim arrivés avant 2026 conservent l'ancien régime jusqu'au terme de leurs dix ans.

L'année d'adaptation (shnat histaglut)

Un olé ou un résident de retour de longue durée peut demander, dans les 90 jours suivant son arrivée, à ne pas être considéré comme résident fiscal israélien pendant sa première année. L'intérêt : tester l'installation sans déclencher la résidence fiscale, par exemple pour quelqu'un qui garde une activité ou une société à l'étranger et n'est pas sûr de rester. Si vous restez, la période de dix ans est comptée à partir de la date d'arrivée initiale, l'année d'adaptation en fait partie. Si vous repartez, vous n'aurez jamais été résident israélien. La demande se fait auprès du ministère de l'Alya et de l'Intégration, sur un formulaire dédié, et elle ne se rattrape pas après 90 jours.

Les points de crédit olim

En plus des 2,25 points de tout résident (2,75 pour une femme), un olé arrivé depuis le 1er janvier 2022 reçoit des points supplémentaires sur 54 mois, décomptés depuis la date d'alya, qui s'imputent sur l'impôt de ses revenus israéliens (salaire, activité indépendante) :

Période depuis l'alyaPointsImpôt effacé par mois (2026)
Mois 1 à 121242 ₪
Mois 13 à 303726 ₪
Mois 31 à 422484 ₪
Mois 43 à 541242 ₪

Cumulés, c'est jusqu'à 28 000 ₪ d'impôt en moins sur la période, pour qui gagne assez pour les utiliser : les points se déduisent de l'impôt, et l'impôt ne devient pas négatif. Le calendrier est pensé pour une deuxième année où l'on travaille enfin à plein. Le compteur est suspendu pendant un service militaire, des études ou un séjour prolongé à l'étranger, sur demande. Les olim arrivés avant 2022 suivent l'ancien barème (3 points pendant 18 mois, puis 2, puis 1, sur 42 mois). Pour les faire appliquer : remplissez la rubrique olé du formulaire 101 chez votre employeur avec la date d'alya, et vérifiez la ligne « nekoudot zikui » de la fiche de paie. Le simulateur intègre ces points.

Pensions étrangères : exonérées, puis plafonnées

Pendant dix ans, une pension de retraite versée par un régime étranger est exonérée comme tout revenu étranger. Après, l'article 9C de l'ordonnance plafonne l'impôt israélien sur cette pension au montant qui aurait été dû dans le pays d'origine si vous y étiez resté. Pour un retraité français, cela signifie en pratique un impôt israélien calculé comme l'impôt français sur la même pension, souvent faible compte tenu des abattements et du barème français ; un comptable produit le calcul comparatif chaque année. La convention ajoute que les pensions privées ne sont imposables qu'en Israël, et les pensions publiques en France.

Taxe d'achat réduite sur un logement

Un olé qui achète un logement en Israël entre un an avant et sept ans après son alya peut demander, une seule fois, le taux réduit de taxe d'achat (mas rechisha) : 0,5 % jusqu'à un seuil d'environ deux millions de shekels (indexé chaque 16 janvier) et 5 % au-delà, au lieu du barème ordinaire. L'avantage est surtout utile au-dessus du seuil d'exonération du barème « logement unique », ou pour un acheteur qui possède déjà un bien à l'étranger ; en dessous, le barème ordinaire est parfois plus favorable, et le choix se fait au cas par cas avec l'avocat de la transaction. Un simulateur de taxe d'achat arrive sur ce site ; d'ici là, le calculateur officiel de l'administration fiscale fait le calcul.

Bituach Leumi, arnona, douane : les autres avantages

  • Bituach Leumi : un olé sans revenu est exonéré de cotisations (assurance nationale et santé) pendant ses 12 premiers mois, tout en étant couvert par sa kupat holim. Dès un salaire, les cotisations s'appliquent normalement.
  • Arnona (taxe d'habitation) : la plupart des municipalités accordent une réduction aux olim, souvent jusqu'à 90 % sur 100 m² pendant 12 mois, à demander dans les deux premières années ; les conditions varient d'une ville à l'autre.
  • Douane : exonération de droits sur les effets personnels, le mobilier et certains appareils importés dans les trois ans suivant l'alya, sous conditions de quantité ; c'est un régime douanier, distinct de l'impôt sur le revenu.
  • Sal klita, cours d'hébreu, aides au logement : prestations du ministère de l'Alya, non fiscales, versées uniquement sur un compte israélien (voir le guide des banques).

Résidents de retour : deux statuts

Résident de retour de longue durée (toshav chozer vatik)Résident de retour (toshav chozer)
ConditionAu moins 10 ans à l'étrangerAu moins 6 ans à l'étranger
Revenus passifs étrangersExonérés 10 ans, comme un oléExonérés 5 ans, pour les actifs acquis pendant le séjour à l'étranger
Plus-values étrangèresExonérées 10 ansExonérées 10 ans, actifs acquis à l'étranger seulement
Salaires gagnés à l'étrangerExonérés 10 ansNon
Année d'adaptationOuiNon
Points de crédit olimNon (réservés aux olim)Non

Préparer la fin des dix ans

La onzième année, Israël impose vos revenus mondiaux, avec crédit des impôts étrangers. Trois chantiers à ouvrir deux ans avant l'échéance :

  1. Les plus-values latentes. Pour un actif étranger détenu avant la fin de l'exonération et vendu après, la plus-value est imposée au prorata linéaire de la durée de détention postérieure à l'exonération. Vendre ou arbitrer avant l'échéance peut effacer dix ans de plus-value.
  2. Les loyers étrangers. Choix entre le régime réel (charges déduites, crédit de l'impôt étranger) et le taux forfaitaire de 15 % sans déduction ni crédit ; le bon choix dépend du pays et du rendement.
  3. Les sociétés et trusts étrangers. Les règles sur les sociétés étrangères contrôlées et les trusts se réveillent ; la structure qui était neutre pendant dix ans peut devenir pénalisante.

Six erreurs fréquentes

  1. Croire que le télétravail depuis Israël est exonéré. C'est un revenu israélien, imposé et cotisé dès le premier jour.
  2. Rater les 90 jours de l'année d'adaptation quand on n'est pas sûr de rester.
  3. Ne pas déclarer les revenus étrangers quand on est arrivé depuis 2026 : exonéré ne veut plus dire dispensé de déclaration.
  4. Oublier l'autre pays. La France continue d'imposer les loyers et les plus-values immobilières ; les États-Unis imposent tout. L'exonération israélienne ne remplace rien de cela.
  5. Laisser passer les points olim faute d'avoir rempli la rubrique du formulaire 101.
  6. Découvrir la onzième année en recevant l'avis d'imposition. Les arbitrages se font avant l'échéance, pas après.

Questions fréquentes

Quels sont les avantages fiscaux d’un nouvel immigrant en Israël ?

Quatre principaux : dix ans d’exonération d’impôt israélien sur les revenus et plus-values de source étrangère ; des points de crédit supplémentaires pendant quatre ans et demi (1, puis 3, 2 et 1 points) ; un plafonnement de l’impôt sur les pensions étrangères ; et un taux réduit de taxe d’achat (mas rechisha) sur un premier logement. S’y ajoutent l’exonération de Bituach Leumi douze mois sans revenu et des réductions locales d’arnona.

L’exonération de dix ans couvre-t-elle mon salaire ?

Seulement s’il est gagné à l’étranger. Un salaire pour un travail exercé physiquement en Israël, même payé par un employeur étranger, est un revenu de source israélienne, imposé dès le premier jour. Le télétravail depuis Israël pour une société française n’est donc pas exonéré ; seuls les jours travaillés hors d’Israël le sont, au prorata.

Dois-je déclarer mes revenus étrangers pendant les dix ans ?

Oui si vous êtes devenu résident à partir du 1er janvier 2026 : l’amendement 272 a supprimé la dispense de déclaration, pas l’exonération d’impôt. Vous déclarez chaque année revenus et avoirs à l’étranger, qui restent exonérés. Les olim arrivés avant 2026 conservent l’ancien régime, sans obligation de déclaration de ces revenus.

Qu’est-ce que l’année d’adaptation (shnat histaglut) ?

Une option qui permet de ne pas être considéré résident fiscal israélien pendant la première année suivant l’arrivée, pour tester la vie en Israël sans conséquence fiscale. Elle se demande dans les 90 jours suivant l’arrivée auprès du ministère de l’Alya. Si vous restez, la période de dix ans compte à partir de la date d’arrivée initiale, pas de la fin de l’année d’adaptation.

Combien valent les points de crédit olim ?

Pour un olé arrivé depuis 2022 : 1 point les 12 premiers mois (242 ₪ d’impôt en moins par mois en 2026), 3 points du 13e au 30e mois (726 ₪), 2 points du 31e au 42e (484 ₪), 1 point du 43e au 54e (242 ₪). Soit près de 29 000 ₪ d’impôt effacé sur la période pour quelqu’un qui paie au moins cela. Le compteur peut être suspendu pendant un service militaire, des études ou un long séjour à l’étranger.

Ma retraite française est-elle exonérée en Israël ?

Pendant dix ans, oui, comme tout revenu de source étrangère ; et la convention France-Israël attribue de toute façon les pensions privées au pays de résidence. Après dix ans, la pension devient imposable en Israël, mais l’impôt est plafonné au montant qui aurait été dû en France si vous y étiez resté (article 9C). Les pensions de la fonction publique restent imposées en France.

Et mon assurance-vie, mon PEA, mon 401(k) ?

Les revenus et plus-values de ces placements sont de source étrangère : exonérés dix ans, même en cas de rachat ou de vente pendant la période. C’est le moment, souvent, de réorganiser un portefeuille sans frottement fiscal israélien, en vérifiant l’impôt du pays d’origine (la France prélève sur les rachats d’assurance-vie des non-résidents, les États-Unis taxent les retraits d’IRA).

Un résident de retour a-t-il les mêmes avantages ?

Un résident de retour de longue durée (toshav chozer vatik), parti au moins dix ans, est traité comme un olé : dix ans d’exonération et année d’adaptation. Un résident de retour ordinaire, parti au moins six ans, a des avantages réduits : cinq ans d’exonération sur les revenus passifs d’actifs acquis pendant le séjour à l’étranger et dix ans sur leurs plus-values, sans points de crédit olim.

Que se passe-t-il à la fin des dix ans ?

Tous vos revenus mondiaux deviennent imposables en Israël, avec crédit de l’impôt payé à l’étranger selon les conventions. Les plus-values sur des actifs détenus avant l’alya sont imposées au prorata de la période post-exonération (règle du calcul linéaire). Il faut préparer la onzième année dès la huitième : restructuration des placements, choix du régime pour les loyers étrangers, et éventuellement cession de certains actifs avant l’échéance.

Les avantages changent-ils en 2027 ?

Le régime de dix ans n’est pas modifié ; l’obligation déclarative des olim arrivés depuis 2026 s’applique à partir de la déclaration 2026 déposée en 2027. La valeur du point de crédit et les seuils de la taxe d’achat sont indexés chaque janvier. Un projet de réforme du statut fiscal des olim fortunés revient régulièrement à la Knesset : cette page sera mise à jour si un texte est adopté.

Comment nous travaillons

Chaque montant de cette page est vérifié sur la source officielle citée en bas de page et daté. Quand un barème change, la page est mise à jour dans les jours qui suivent la publication officielle. Notre méthodologie.

Sources

  1. Ordonnance de l’impôt sur le revenu, articles 14 et 97 (exonération des nouveaux immigrants et résidents de retour) — Rashut HaMissim
  2. Amendement 272 : obligations déclaratives des olim devenus résidents à partir de 2026 (Reshumot, 2024)
  3. Kol Zchut — points de crédit pour nouveaux immigrants (barème depuis 2022)
  4. Ministère de l’Alya et de l’Intégration — année d’adaptation et droits des olim
  5. Rashut HaMissim — taxe d’achat, taux réduit pour olim (règlement 12)

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